• FRANÇOIS MOULIGNAT

FRANÇOIS MOULIGNAT

Exposition du 30 septembre au 11 novembre 2018
Vernissage le samedi 29 septembre 2018 à 18h

Ouvert de 14h à 17h les week-ends ou sur rendez-vous pour les groupes
Ouverture spéciale pour les vacances de Toussaint : de jeudi à dimanche 14h-17h

Une exposition définie par l’artiste comme « a-chronologique, celle d’une expérience sensorielle et même existentielle où la place du spectateur, de la spectatrice, pourrait s’élargir à une liberté nouvelle du regard et du déplacement ».

MOT DE L’ARTISTE

Ces œuvres sont faites de passages successifs de plâtre, d’enduits successifs de blanc, comme on applique un onguent. Elles gardent la marque de la tension de la toile sur le châssis. Le séchage dure un long temps, les couleurs sous-jacentes finissent par transparaître sous le blanc passé en plusieurs couches. A l’ombre, celui-ci vire à l’ivoire avant de s’éclaircir à nouveau à la lumière. Le plâtre reçoit la poussière, il s’enrobe d’une légère patine luisante. Il y a une histoire.

C’est une histoire d’usage : outre le fait qu’elles fassent l’objet de transport, transaction, échange, exposition, elles sont manipulables, il est possible de les retourner, de les ajointer deux à deux, de les accrocher au mur ou de les poser au sol. Elles sont réutilisables : incluses dans un caisson de plâtre, elles sont immobilisées et expérimentent leur ajustement à un lieu, une architecture, avant d’être démontées et stockées.
Le blanc est transparent, assombri, usé. Loin d’être immaculé, il est surchargé de repentir et de couches superposées. Ainsi la tension, l’hétérogénéité des matériaux, les jeux de la couleur en-dessous, l’absence de cadre, tout cela marque ces œuvres d’une vulnérabilité, d’une altération.
A l’altération répond un possible rajeunissement, le passage d’une nouvelle couche de blanc, d’un nouvel enduit (comme on chaule régulièrement les murs d’une pièce dont les angles s’arrondissent, comme on enduit de graisse ou de couleur une statue, un fétiche). Mais quand le blanc redevient pur, d’une pureté parfaite, à nouveau se multiplient les occasions de souillure, les risques de salissure. L’exposition à la vision est aussi, inéluctablement, exposition au toucher…

Lorsque l’œuvres est finie elle n’est pas finie. En position d’objet d’échange dont la fonction est de construire des relations, de composer de la structure, elle ne cesse de produire l’expérience de l’exposition et ainsi de s’user au regard de qui la regarde.

BIOGRAPHIE

François Moulignat vit et travaille à Paris et Ventenac-en-Minervois.

Issue d’une formation en histoire de l’art, il a enseigné comme professeur de culture générale à l’École régionale des beaux-arts du Havre. François Moulignat, peintre et historien de l’art, a été représenté à partir de 1991 par la Galerie Claude Samuel (Paris). Il a exposé dans plusieurs centres d’art et galeries (la galerie Edouard Manet à Gennevilliers, le Credac à Ivry-sur-Seine, la Villa Arson à Nice…) ainsi que des écoles des Beaux-Arts (Le Havre, Rouen, Cergy…).

Dans le cadre de sa production écrite, François Moulignat a notamment écrit sur les artistes en France face à la guerre d’Espagne et la montée du fascisme, pour le Musée national d’Art Moderne-Centre Pompidou, le Reina Sofia de Madrid, ou le Musée Picasso à Paris.

Depuis 2010, il codirige avec Joël Barguil et Marie Basset le centre « Images-Ventenac » dédié aux multimédia (photographie, film, vidéo).

Enfin, depuis une dizaine d’années, il est guide-conférencier pour Intermèdes. Travailler dans l’atelier puis en sortir pour aller à la rencontre de cultures et de paysages différents, d’œuvres et d’artistes étrangers (de l’Égypte et la Turquie au Japon et aux Etats-Unis), c’est cette expérience qu’il aime faire partager aux voyageurs d’Intermèdes.

EN PARALLÈLE, des œuvres de PAOLA DI PRIMA seront visible à l’étage

Née à Enna (Sicile) en 1956, elle passe sa jeunesse dans l’Oise où elle se découvre une passion pour la photographie dès l’âge de 12 ans. Autodidacte en dessin et  modelage, elle se fixe d’abord à Paris, puis à la campagne en Aveyron et Lozère. Cette alternance entre ville et campagne sera une constante dans sa vie. En 1977, voyage à travers l’Italie et ses îles et s’installe à Naples durant 3 années, lui fait mesurer son appétence pour les arts. Décide d’entreprendre des études à l’école des beaux arts de Montpellier, où elle obtient en 1990 le DNSEP avec félicitations du jury.   Dès lors, elle travaille et expose régulièrement en France et à l’étranger, tout en collaborant avec des poètes écrivains pour des livres d’artistes, ainsi qu’avec des musiciens pour des créations multimédias. Fin 1999, elle s’installe dans l’Aude dans un environnement de moyenne montagne.

Artiste protéiforme, Paola Di Prima aborde aussi bien la sculpture, la peinture et le dessin que la photographie ou la conception d’installations ; elle se focalise sur la notion de paysage, jouant entre les points de vue macroscopique et microscopique. La conscience du temps imprègne ses rêveries et conditionne sa mise en action. Proche de la nature, Paola Di Prima se positionne en tant qu’observatrice, scrutant ce dont elle choisit de s’entourer aussi bien que l’environnement qui lui est donné. Jouant à la fois sur l’éloignement et la proximité, glissant du terrestre au céleste, elle est toujours portée par son intérêt quant à la qualité intrinsèque de la matière et  les différentes manières de mettre en œuvre un processus artistique.

Après un long travail sur les paysages diurnes, Paola Di Prima s’est tournée vers les paysages nocturnes, portant son regard vers l’inaccessible des  astres et planètes: cette démarche lui inspire des images à la fois picturales, photographiques ou graphiques. Elle est attirée aussi bien par sur ce qui est vu d’en bas – la vision merveilleuse de la voûte céleste qui scintille – que sur ce qui est observé d’en haut – les incessantes collisions de météores qui nous informent de l’intranquillité  de l’univers, voire de l’existence  des « multivers ».

Paola Di Prima opère un déplacement du réel dans son imaginaire, en s’inventant des espaces-temps ou en construisant des architectures qui lui sont propres, permettant au hasard ou à l’accident de venir bousculer ses  intentions initiales. Au LAC, elle présente des dessins à l’encre de Chine, inspirés par les trajectoires et circulations que l’on peut étudier dans les mouvements interstellaires et intergalactiques. Cette confrontation souligne combien, dans  notre bref passage sur terre, nous sommes infiniment petits dans l’infiniment grand…

2018-09-21T14:16:20+00:00